A vingt six ans, Samy Sana a déjà consacré la moitié de sa vie au Muay Thaï. Le nouveau pensionnaire du team Venum a fourni une prestation très remarquée lors du dernier Best Of Siam. C’est l’occasion de revenir sur la genèse d’un des meilleurs nakmuays au monde chez les poids welter. Samy revient sur son parcours, nous parle de son quotidien, de ses échéances et objectifs à venir…

Samy a débuté le Muay Thaï à treize ans, « ça m’a permis de structurer ma vie, de me conformer aux règles et à la discipline, j’ai toujours été sportif au fond de moi, et la boxe m’a permis de rester dans le droit chemin ». Il a commencé tout en bas de l’échelle, en amateur, et il a gravi les échelons jusqu’à atteindre le statut de boxeur professionnel. Mais c’est seulement depuis deux ou trois ans, que la carrière de Samy a véritablement décollé.

« Faire une carrière internationale, c’est la concrétisation d’un rêve, la récompense pour tout le travail accompli »

Samy a déjà cent six combats à son actif dont quatre vingt dix neuf victoires, un palmarès impressionnant pour un occidental de moins de trente ans. Il est champion du monde, quatre fois champion de France, finaliste du tournoi Glory et demi-finaliste du tournoi Thaï Fight. « J’ai boxé les meilleurs thaïlandais dans les plus grosses organisations, dans la catégorie des soixante-dix, soixante-douze kilos, je n’ai pas de soucis pour trouver des adversaires thaïlandais, et les meilleurs qui soient. C’est une catégorie très médiatisée, parce que ce sont les meilleurs au monde. »

Si aujourd’hui les propositions de combat abondent, cela n’a rien d’un hasard. Samy a parfaitement compris que le Muay Thaï est avant tout un spectacle. Il aime jouer sur le ring avec ses adversaires, comme ses homologues thaïlandais. A chacun de ses combats, il se donne à cent cinquante pour cent. Pour gagner bien sûr, car c’est un redoutable compétiteur, mais aussi et surtout pour faire plaisir au public.

« L’objectif à chaque combat, c’est d’être le plus précis et de frapper le plus fort possible. Je ne veux pas boxer à la touche comme font certains, je vise vraiment les coups durs. Et quand ça frappe fort, forcement c’est spectaculaire. J’essaie donc d’avoir le style le plus propre possible tout en étant percutant. »

Samy témoigne toujours beaucoup de respect à ses adversaires, mais sur le ring, c’est la guerre. Il avance tel un bulldozer prêt à tout ravager sur son passage. Son style c’est celui d’un Muay Bouk, un nakmay qui avance sans cesse vers son adversaire, doublé d’un Muay Mat qui se dit d’un combattant utilisant beaucoup ses poings.

Samy Sana est un boxeur au style très agressif qui frappe fort, notamment avec la torpille qui lui fait office de bras droit. Il porte des coups très puissants et dévastateurs. Samy affectionne aussi les coups de coudes et de genoux dans le plus pur style Muay Thaï. Particulièrement spectaculaires, ces techniques correspondent bien à sa principale motivation, celle d’entretenir le show, de faire plaisir au public.

« Ce que beaucoup de gens ne comprennent pas , c’est qu’un gala de boxe de thaï c’est un show. Les spectateurs viennent pour en prendre plein les yeux. C’est quelque chose que les boxeurs doivent garder en tête. Offrir le plus beau spectacle possible, parce que ce qui nous alimente c’est le public, ce se sont les fans. Il est donc normal de leur rendre ce qu’ils nous offrent, c’est primordial pour moi ! »

Il sait aussi encaisser les coups, c’est un dur à cuire qui n’a jamais été mis KO. « Parfois ça saigne, mais nous sommes tous des professionnels, nous sommes préparés, conditionnés pour ça »

Avec son mètre quatre vingt dix, Samy a une morphologie longiligne idéale pour la pratique du Muay Thaï. Son allonge est un avantage certain sur la plupart de ses adversaires. En contre partie, son centre de gravité haut, lui a parfois joué des tours au corps à corps, surtout face aux thaïlandais qui excellent dans cet exercice.

Le quotidien de Samy est rythmé par les repas et les entrainements. Six jours sur sept, il s’entraine deux fois par jour. La séance du matin est réservée au travail de fond: endurance cardiovasculaire, préparation physique générale. « Le matin cela peut être un footing suivi d’une séance de cross training de type crossfit, cela peut être un parcours dans les bois avec des obstacles, des exercices poly-articulaires, l’objectif c’est de sortir un peu du contexte boxe, de casser le rythme. » Cela lui permet de rompre avec les habitudes et ne pas sombrer dans la monotonie, « c’est important pour le mental, pour entretenir la motivation »
La séance du soir est réservée à la pratique pure: technique, stratégie et sparring. Au total près de six heures d’effort, quotidiennement.

Travail au sac pour Samy lors de son dernier séjour en Thaïlande, chez son ami Youssef Boukamen
Travail au sac pour Samy lors de son dernier séjour en Thaïlande, chez son ami Youssef Boukamen

En ce qui concerne l’alimentation, « je suis très vigilant, je suis suivi par Estelle Payen, une nutritionniste, car l’alimentation c’est une composante essentielle de la performance »
Le Muay Thaï comme tous les sports pratiqués à haut niveau nécessite des apports nutritionnels réguliers et équilibrés, et quelques sacrifices. «Je me fais plaisir le matin avec de la confiture ou du nutella, mais je fais attention aux apports en sel et en gras»

Paradoxalement, le premier voyage en Thaïlande pour Samy est relativement récent. Il avait déjà affronté et vaincu de nombreux adversaires, qui s’entrainaient régulièrement en Thaïlande, alors que lui même n’y avait encore jamais mis les pieds. «J’ai finalement eu l’opportunité de combattre au Thaï Fight en Thaïlande. C’était l’occasion parfaite pour découvrir de mes propres yeux la culture, le pays d’origine de ma passion. »
« Ce qui a été bénéfique pour moi là-bas, c’est que l’on s’imprègne vraiment de l’esprit Muay Thaï, dans les mimiques, dans le style, dans tous les petits détails »

S’entrainer en Thaïlande, c’est se consacrer entièrement à la pratique, loin des sollicitations et distractions sociales de son pays d’origine. C’est plonger dans une culture. «Toute la journée s’articule autour de l’entrainement, l’atmosphère est étouffante et la cadence est élevée. C’est parfait pour le cutting et le cardio.»

Combattre à l’étranger permet à Samy de libérer son plein potentiel, « le muay se pratique sans coudières, mis à part la fédération de Joe Prestia l’AFMT où les combats de haut niveau se font sans protections, ce n’est pas le cas des autres. En France, c’est compliqué contrairement à nos voisins européens comme la Belgique ou les Pays-Bas. Pourtant le Muay Thaï, c’est un sport qui porte des valeurs, il nécessite une grande discipline et il est encadré par des règles, ce n’est pas un combat de coqs (…) Nous sommes des pros bien préparés, les blessures graves sont quand même rares. »

Samy Porte les gants
Samy Porte les gants « elite » disponibles en août et le short « Bangkok Inferno » en septembre sur Dragon Bleu

L’avenir sourit à Samy, il est très demandé. Son équipe et lui choisissent avec soin parmi les propositions reçues. « On axe nos décisions, sur ce que le public recherche, les combats que les gens veulent voir et que la télévision souhaitera diffuser ».
Samy assure qu’il est prêt à relever tous les défis, « je veux boxer les meilleurs, je rêve de boxer à nouveau contre Yodsanklai Fairtex. Mon combat contre lui a eu lieu lors de mon deuxième séjour en Thaïlande, je connaissais mal le fonctionnement là-bas, je n’étais pas chez moi, j’ai fait trois rounds de guerre, mais j’ai perdu sur décision. Je rêve d’une revanche avec l’expérience et la confiance que j’ai maintenant. » Et puis il y a Buakaw qu’il aurait dû affronter, mais à deux reprises, au dernier moment, cela n’a pas pu se faire. Samy espère que la troisième sera la bonne, et attend cela avec impatience.
Il devrait boxer au mois de septembre à Las Vegas, puis en novembre au gala de Joe Prestia (Warrior’s Night), mais son encadrement a beaucoup de mal à lui trouver un adversaire en France. Il y aura ensuite le Kun Lun, une grosse organisation chinoise où s’affrontent les meilleurs de la planète.

Ce sera une année chargée pour Samy Sana. Avec son entourage, et ses entraineurs du club Phenix Muay Thaï à Paris, Il pourra également compter sur le soutien du Team Venum. « Je sens un suivi, il y a des gens qui nous écoutent, qui font des choses pour nous, qui communique pour nous, cela me motive encore plus. Et puis c’est une très bonne team, on s’entend tous très bien, il y a une bonne ambiance. On a tous des physiques différents, des cultures différentes, c’est riche et varié, c’est très stimulant. »

Samy Sana a donc rejoint Anissa Meksen, Youssef Boukamen, Raphael Llodra, Medhi Zatou, Sitichai et Sudsakorn pour former la Team Venum Muay Thaï, un melting-pot explosif de talent à suivre de près !

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